Les démocraties s’honorent d’accorder aux pires criminels les droits qu’ils ont eux-mêmes refusé à leurs victimes. C’est ainsi qu’Anders Breivik, qui a massacré 77 personnes à Oslo l’été dernier, s’est présenté devant ses juges sourire narquois aux lèvres, avant de brandir le bras droit en un ample salut nazi. Nul ne pouvait (hélas) l’en empêcher.
Mais ne pouvait-on pas au moins nous épargner cette scène surréaliste qui a vu les experts, les magistrats de la Cour et même les avocats des parties civiles se succéder après ce bras d’honneur, pour aller lui serrer la main ? Cela est parait-il dans les usages de la justice norvégienne. Alors disons le tout net, je suis heureux de ne pas être un avocat norvégien. Usage ou pas je n’aurais JAMAIS serré la main de ce criminel.
Il est des choses qui sont de l’ordre de l’inacceptable.


Au lendemain de l’effroyable assassinat de la jeune Agnès au Chambon sur Lignon (haut lieu de la résistance pendant la secondaire guerre mondiale), les ministres de la République se sont succédés sur les chaines de télévision, le premier d’entre eux en tête, pour reconnaitre les dysfonctionnements de l’institution judiciaire.
Il est désormais courant que la presse annonce la mise en cause de « puissants » avant que les intéressés l’apprennent eux-mêmes. Avec la chasse aux scoops, les « unes » de journaux tiennent lieu de mises en examen, quand ce n’est pas de jugement condamnation.